Rugby : comment le RC Toulon est redevenu un grand du Top 14

Toulon en demi-finale du championnat de france de rugby

L’année 2010 s’annonce faste dans le Sud. Alors que la très probable victoire de l’OM en Ligue 1 est dans toutes les têtes, un autre club est en passe de réaliser une magnifique saison de rugby, le RCT. Promu faiblard l’année passée, le club de Toulon a terminé deuxième de la saison régulière de rugby le week-end dernier, enchaînant huit victoires d’affilée (série en cours). Qualifiés d’office pour les demi-finales des « play-off », les Toulonnais ont aussi une demi-finale en Challenge européen à défendre. Radiographie d’une ascension spectaculaire.

De l’argent et un vrai management

Philippe Saint-André, le nouveau coach du RCTDepuis sa première rétrogradation en 2000, décidée par la Ligue Nationale de Rugby suite à de gros soucis financiers, le RCT n’avait jamais réussi à réintégrer le haut niveau du Top 14. La lumière est venue d’un homme : Mourad Boudjellal. Propriétaire de la maison d’édition Soleil Productions, le nouveau président des Rouge et Noir investit dès 2006 sans compter. Il attire en Pro D2 des joueurs de classe mondiale comme Tana Umaga, capitaine des All Blacks qui participe à la saison 2006/2007. Il n’y a pas de secrets : pour revenir dans l’élite du rugby français, il faut s’en donner les moyens. Un temps accusé de perdre son âme au profit de transferts spectaculaires, le RCT se présente pour la saison 2009-2010 avec un nouveau directeur sportif, Philippe Saint-André. Ce dernier instaure une véritable discipline sportive, qui n’existait pas auparavant. Adieu les « goinfrages » vite fait au KFC du coin ! Les joueurs mangent ensembles et sont suivis par des nutritionnistes. Les infrastructures sportives (Palais des Sports, Complexe Jaureguiberry, Stade Ange-Siccardi) s’étoffent. Le nouveau manager – ancien entraîneur des Sale Sharks en Angleterre – fait vivre le groupe qui acquiert un esprit combatif.

Des stars, un public

Jonny Wilkinson, précieux au RCT.

Arrivé l’année passée dans des conditions physiques incertaines, le demi d’ouverture anglais Jonny Wilkinson avait fait couler beaucoup d’encre. N’est-il pas trop vieux, trop blessé pour constituer un vrai atout ? Non mon capitaine ! Les drops d’anthologie de Wilko permettent tout simplement au RCT de battre le leader Perpignan au Vélodrome le 17 avril dernier ! Les arrivées des argentins Juan Martin Fernandez Lobbe et Felipe Contepomi (buteur et capitaine des Pumas), du précieux Pierre Mignoni (demi de mêlée) ou encore de Jamie Robinson (centre international) s’avèrent payantes. Ces stars s’intègrent très bien au collectif toulonnais, qui possède la faculté de s’adapter au jeu de son adversaire. Résultat : après une première partie de saison dans le ventre mou du Top 14, Toulon se réveille en 2010, ne s’inclinant qu’une seule fois – face à Clermont – en onze rencontres !

Un parcours de vainqueur encouragé par un public qui reprend le fameux « pilou, pilou » avec de plus en plus de ferveur. Le stade Mayol accueille plus de 15 000 personnes à chaque rencontre à domicile. Il devrait d’ailleurs subir des rénovations pour acquérir à terme une capacité de 25 000 places, ce qui en ferait le plus grand stade de France exclusivement consacré au rugby de club (+1200 places dès septembre 2010).  Le projet du RCT, mûrement réfléchit par Mourad Boudjellal, n’est pas un feu de paille. Si cette année le club échoue à ramener le bouclier de Brennus ou le titre de Challenger Européen, ce sera l’année prochaine avec les petits nouveaux déjà annoncés à Toulon : le pilier néo-zélandais Carl Hayman et le deuxième ligne sud-africain Bakkies Botha. Pilou-Pilou !

*Voir aussi : livre sport, livre rugby, équipement de rugby

Une réponse à « Rugby : comment le RC Toulon est redevenu un grand du Top 14 »

  1. Très bonne article, j’y adhère complètement ! Merci pour le partage ;)

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