Déni de grossesse, parlons-en !

Le déni de grossesse peut arriver à n'importe quelle future maman.Avec toutes ces récents faits divers d’infanticides et de bébés congelés, le déni de grossesse est souvent considéré par l’opinion publique comme un comportement  pratiquement voulu : mais comment ne pouvait-elle pas savoir qu’elle était en enceinte ? Les histoires spectaculaires comme celles de la tristement célèbre famille Courjault ont tendance à cacher une pathologie qui concerne 1 500 à 3 000 femmes/an. Dans  95 % des cas, l’enfant s’en sort bien, et pourtant, le déni de grossesse reste un sujet tabou dans une société où devenir mère est censée aller de soi.

Des spécialistes organisent une journée scientifique sur ce thème le 10 octobre à Montpellier. En attendant, qu’est-ce que le déni de grossesse ? La définition est limpide : c’est quand une femme enceinte n’a pas conscience de l’être. Parfois, le déni de grossesse est total : la femme se rend compte de sa grossesse au moment de l’accouchement. Ce cas-là, forcément le plus extrême, est celui qui amène le plus de risques d’infanticide ou d’abandon. Il concernerait environ 80 femmes/an en France.

Le plus souvent, le déni de grossesse est partiel et la future maman ne comprend son état qu’entre le 5ème mois et l’accouchement. Les témoignages affluent sur le site de l’AFRD (Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse). Certaines pratiquaient du sport la veille d’accoucher, une femme de 47 ans n’a pas grossi ou eu de nausées, d’autres avaient quand même leurs périodes menstruelles… Le déni touche les femmes de tous âges et de tous niveaux sociaux. Il est important pour la maman et pour l’enfant d’être suivi par des professionnels et de parler de ce qui est arrivé.

Avec le temps, cela peut devenir une sorte de secret de famille qui pèserait sur la mère (culpabilité), sur l’enfant (manque de repères, de réponses), voir sur les futures autres membres du foyer. Dans tous les cas, les raisons d’un déni de grossesse sont à chercher dans l’inconscient de la maman. Un stress particulier, un passé, un choc affectif ont pu la pousser à renier sans le savoir le bébé qu’elle attend. L’important est de travailler dessus et de ne pas enfouir le déni comme s’il n’était jamais arrivé. C’est la meilleure solution pour qu’il devienne un traumatisme.

Plus d’infos :

http://www.afrdg.info/
Le dossier Enceinte sans le savoir d’Infobébés
A lire : l’essai de Gaelle Guernalec-Levy : Je ne suis pas enceinte

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