Contes de noël : la petite fille aux allumettes de Hans Andersen

Après Les fées de Charles Perrault, je vous propose aujourd’hui un autre célèbre conte de noël pour enfants imaginé par l’un des maîtres dans ce domaine, Hans Christian Andersen. Publié pour la 1ère fois en 1848, le conte La petite fille aux allumettes narre de façon très touchante la misère à laquelle de nombreux enfants et familles sont confrontés au milieu du XIXème siècle. Pourtant malgré ces temps très durs, on se rend compte que l’espoir est toujours présent. L’histoire se déroule pendant le réveillon de la Saint-Sylvestre.

La petite fille aux allumettes de Hans Andersen.

Il faisait effroyablement froid, il neigeait depuis le matin. Il faisait déjà sombre ; le soir approchait, le soir du dernier jour de l’année. Au milieu des rafales, par ce froid glacial, une pauvre petite fille marchait dans la rue. Elle n’avait sur la tête qu’un minuscule bonnet, elle était pieds nus. Lorsqu’elle était sortie de chez elle le matin, elle avait eu de vieilles pantoufles beaucoup trop grandes pour elle. Aussi les perdit-elle lorsqu’elle eut à se sauver devant une file de voitures. Les voitures passées, elle chercha après ses chaussures, un méchant gamin s’enfuyait emportant en riant l’une des pantoufles, l’autre avait été entièrement écrasée.

Voilà la malheureuse enfant n’ayant plus rien pour abriter ses pauvres petits pieds. Dans son vieux tablier, elle portait des allumettes : elle en tenait à la main un paquet. Mais, ce jour, la veille du nouvel an, tout le monde était affairé. Par cet affreux temps, personne ne s’arrêtait pour considérer l’air suppliant de la petite qui faisait pitié. La journée finissait, et elle n’avait pas encore vendu un seul paquet d’allumettes.

Elle frotta une seconde allumette. La lueur se projetait sur la muraille qui devint transparente. Derrière, la table était mise, elle était couverte d’une belle nappe blanche, sur laquelle brillait une superbe vaisselle de porcelaine. Au milieu, s’étalait une magnifique oie rôtie, entourée de compote de pommes. Et voilà que la bête se met en mouvement et, avec un couteau et une fourchette fixés dans sa poitrine, vient se présenter devant la pauvre petite. Et puis plus rien. La flamme s’éteint.

L’enfant prend une troisième allumette, et elle se voit transportée près d’un arbre de Noël, splendide. Sur ses branches vertes, brillaient mille bougies de couleurs. De tous côtés, pendait une foule de merveilles. La petite étendit la main pour saisir la moins belle. L’allumette s’éteint. L’arbre semble monter vers le ciel et ses bougies deviennent des étoiles.

Il y en a une qui se détache et qui redescend vers la terre, laissant une traînée de feu. « Voilà quelqu’un qui va mourir », se dit la petite. Sa vieille grand-mère, le seul être qui l’avait aimée et chérie, et qui était morte il n’y avait pas longtemps, lui avait dit que lorsqu’on voit une étoile qui file, d’un autre côté une âme monte vers le paradis. Elle frotta encore une allumette : une grande clarté se répandit et, devant l’enfant, se tenait la vieille grand-mère.

La filles aux allumettes. - »Grand-mère, s’écria la petite, grand-mère, emmène-moi. Oh ! tu vas me quitter quand l’allumette sera éteinte.Tu t’évanouiras comme le poêle si chaud, le superbe rôti d’oie, le splendide arbre de Noël. Reste, je t’en prie, ou emporte-moi. »

Et l’enfant alluma une nouvelle allumette, et puis une autre, et enfin tout le paquet, pour voir la bonne grand-mère le plus longtemps possible. La grand-mère prit la petite dans ses bras et elle la porta bien haut, en un lieu où il n’y avait plus ni de froid, ni de faim, ni de chagrin : c’était devant le trône de Dieu.

Le lendemain matin, cependant, les passants trouvèrent dans l’encoignure le corps de la petite.

Ses joues étaient rouges, elle semblait sourire. Elle était morte de froid, pendant la nuit qui avait apporté à tant d’autres des joies et des plaisirs. Elle tenait dans sa petite main, toute raidie, les restes brûlés d’un paquet d’allumettes.

- »Quelle sottise ! dit un sans-cœur. Comment a-t-elle pu croire que cela la réchaufferait ? »

D’autres versèrent des larmes sur l’enfant. C’est qu’ils ne savaient pas toutes les belles choses qu’elle avait vues pendant la nuit du nouvel an, c’est qu’ils ignoraient que, si elle avait bien souffert, elle goûtait maintenant dans les bras de sa grand-mère la plus douce félicité.

A la semaine prochaine pour découvrir une nouvelle histoire de noël ! En attendant, faites découvrir à votre enfant d’autres livres pour enfants afin que la lecture devienne une habitude et un plaisir qu’il gardera toute sa vie.

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