La magie d’Oksa Pollock racontée par ses auteurs

Oksa Pollock, l'héroïne du roman d'Anne Plichota et Cendrine Wolf

En mars dernier, un post écrit sur le Mag Enfant – Oksa Pollock, la petite soeur française d’Harry Potter – avait soulevé l’enthousiasme général de jeunes lecteurs passionnés par la saga née de l’imagination d’Anne Plichota et Cendrine Wolf. Intriguée par ces fans mordus des aventures magiques d’Oksa Pollock, je me suis procurée le roman. Après l’avoir dévoré d’une traite, complètement « foldingote » de la petite magicienne de 13 ans aussi drôle que puissante, j’ai contacté les deux auteurs qui ont gentiment répondu à mes questions. Plongez avec elles au cœur d’Edefia, et découvrez ce qui va se passer dans le tome 2 d’Oksa Pollock, La Forêt des égarés !

La Page Culture – Comment l’histoire d’Oksa Pollock est-elle née dans votre esprit à toutes les deux ?

Cendrine Wolf – J’étais dans mon bain, un soir de réveillon de nouvel an. Oksa m’est apparue dans cette agréable sensation de repos. J’ai visualisé physiquement l’héroïne et avant de partir réveillonner, j’en ai tout de suite parlé à Anne et immédiatement il nous a semblé évident d’écrire cette saga à quatre mains.

Anne Plichota – Les personnages sont très vite apparus dans notre vision de l’histoire. L’intrigue s’est mise en place avec facilité, nous n’en revenions pas de sentir une telle frénésie en nous ! Le lendemain, 1er janvier – le jour des bonnes résolutions –, au lieu de promettre de s’arrêter de fumer ou de faire plus de sport, nous nous sommes dit : Chiche ! On y va !

LPC – Votre saga Oksa Pollock possède un parcours particulier puisque vous l’avez éditée vous-même avant que les éditions XO ne vous remarquent. Comment tout cela s’est-il déroulé ?

AP - Nous avons écrit un épais manuscrit de 700 pages (correspondant aux tomes 1 & 2) que nous avons envoyé à un éditeur parisien. Quelques semaines plus tard, la réponse nous parvenait, laconique et surtout, négative. J’avoue qu’en ce qui me concerne, ce fut un peu rude car même si je pouvais comprendre les raisons de ce refus, j’avais mis beaucoup d’espoir dans cet envoi. Cendrine, qui est beaucoup plus entreprenante que moi, a alors pensé à l’autoédition. Comme ses intuitions sont souvent justes, je lui ai fait confiance. En février 2007, après quelques mois de réécriture, le tome 1 d’Oksa sortait aux Editions Du-Dehors avec, en parallèle, la création d’un site et d’un blog tout de suite très actifs.

« Nous faisions tout : l’imprimerie, les livraisons, les envois à la Poste, la comptabilité… »

CW - Nous faisions tout : les démarches auprès de l’imprimeur et des libraires, les livraisons avec notre diable, les envois à la Poste, la comptabilité… Certains libraires nous ont vraiment soutenues, notamment la Fnac de Strasbourg qui a mis Oksa en « coup de cœur » dès le départ.

Oksa Pollock, tome 1, L'inespérée

AP – Octobre 2007, sortie du tome 2. Nous étions plus anxieuses que pour le tome 1 car c’est sur un tome 2 que l’on peut sentir si le public accroche ou non. Par bonheur, ce tome 2 était très attendu. Nous l’avions déjà senti via le site et le forum (ouvert en juillet 2007 avec des membres très dynamiques et de plus en plus nombreux). Quand le tome 3 est sorti en novembre 2008, nous avons vraiment senti que nous étions sur la bonne voie. C’était très fort. A partir de là, les choses se sont emballées : la gestion des commandes (libraires + internet) et du forum, les salons, les interventions dans les classes… Tout cela à concilier avec le travail et surtout avec l’écriture qui finissait par passer au dernier plan.

CW – La sortie du tome 4 était prévue pour décembre 2009. En octobre, un fan nous a interrogées concernant le Salon du Livre jeunesse de Montreuil : serions-nous présentes ? Non. Ce type d’événements était bien au-dessus de nos moyens. Nous avons expliqué la différence entre une maison d’édition et une autoédition et là, plusieurs fans se sont insurgés contre ce qu’ils considéraient comme une injustice : ils aimaient Oksa et ne comprenaient pas qu’elle ne soit pas reconnue comme pouvaient l’être d’autres livres qu’ils jugeaient moins intéressants. Alors, Magicblog et Mystia, deux Pollockmaniaks très motivés, ont contacté des journalistes et des éditeurs pour pousser leur « coup de gueule ». Les premiers à réagir ont été Anne Crignon du Nouvel Obs qui a publié cette lettre sur le site Bibliobs (en générant un véritable buzz) et Caroline Lépée des Éditions XO qui a demandé à lire Oksa. Quelques jours plus tard, nous nous rendions chez XO pour signer un fantastique contrat d’édition…

LPC – Vous avez créé une mythologie foisonnante avec toutes ces petites créatures trop rigolotes, les multiples pouvoirs d’Oksa, ou encore ce monde merveilleux d’Edefia. De quelle(s) invention(s) «magique» êtes-vous les plus fières (un personnage, un pouvoir…) ?

AP – Les pouvoirs sont assez classiques, on les retrouve dans de nombreuses histoires magiques. Là, difficile de se démarquer… C’est avec les créatures et les plantes que j’ai pu vraiment m’éclater – magiquement parlant. Je les aime toutes et tous. Les Foldingots pour leur fantaisie et leur sérieux, l’Insuffisant pour sa candeur et son décalage, la Goranov pour ses névroses, la Devinaille pour son hystérie… Si je suis fière, c’est de les avoir rendus touchants et si crédibles qu’ils en deviennent réels aux yeux des lecteurs.

« J.K. Rowling a été une source de motivation très importante dans l’histoire d’Oksa. »

LPC – Oksa est une jeune fille de 13 ans qui se découvre des pouvoirs magiques et un destin d’élue. La comparaison avec Harry Potter est inévitable. Revendiquez-vous l’inspiration J.K Rowling (Harry Potter) ou pas du tout ?

La saga Harry PotterAP – L’inspiration ? Oui, impossible de dire le contraire. Même si Oksa se démarque très vite d’Harry, on retrouve des ingrédients communs au fantastique en général : des créatures, une quête, une destinée, la lutte du bien contre le mal… Mais vous faites bien de mentionner J.K. Rowling car c’est plus de motivation que d’inspiration dont il s’agit concernant Harry Potter. J.K. Rowling a été une source de motivation très importante dans l’histoire d’Oksa. Son histoire personnelle, son parcours, les difficultés qu’elle a rencontrées pour arriver à ce qu’elle est aujourd’hui, tout cela fait rêver, bien sûr, mais je suis surtout très admirative. Et je lui suis reconnaissante d’avoir ouvert la voie et d’avoir donné de la valeur à un genre littéraire (le fantastique) qui était alors considéré comme de la sous-littérature. Oksa n’est pas la première et ne sera pas la dernière à bénéficier de l’incroyable destin d’HP. J.K. Rowling a rendu beaucoup de choses possibles, merci à elle !

LPC – Edéfia, la terre d’origine de la famille Pollock, semble être une utopie. Le capitalisme n’existe pas, les habitants vivent en accord avec une nature pleinement vivante… Faut-il y voir une critique de notre société actuelle ?

Anne Plichota et Cendrine Wolf (PHILIPPE SAUTIER/SIPA)AP : En ce qui me concerne, Édéfia correspond effectivement à un monde dans lequel j’aimerais vivre, une sorte de projection de mes conceptions et de la vie telle que j’aimerais qu’elle soit. Ce n’est pas un monde idyllique, juste un peu meilleur que le nôtre. Le gaspillage, le manque de respect envers les humains et la nature, les classes sociales, l’inconscience écologique, tout cela me révolte et m’effraie. On risque gros en négligeant le monde qui nous accueille et en donnant à tout une valeur marchande de façon disproportionnée et totalement injustifiée.

Oui, j’aimerais un monde comme Édéfia, sophistiqué mais plein de bon sens, respectueux de toutes les formes de vie, soucieux d’équilibre et d’équité. Je ne crois pas qu’on puisse vivre dans un monde où tous les hommes seraient égaux (là, on va trop loin dans le rêve inaccessible), mais plutôt dans les vertus de l’effort et des bienfaits de la probité. La reconnaissance du travail, quel qu’il soit. J’aime cette idée qu’un éboueur puisse gagner autant qu’un chirurgien parce que j’ai personnellement autant besoin de l’un que de l’autre. Chacun doit pouvoir faire ce qu’il sait faire de mieux et être envisagé avec la même estime. C’est ainsi que ça se passe à Édéfia.

CW - Mais attention ! Ce n’est pas un monde archaïque ni même un monde parfait (ça n’existe pas ! et heureusement !), juste meilleur que le nôtre.

« Gus a disparu, un traître se cache parmi les proches de Dragomira… »

6-A la manière d’Harry Potter, ce premier tome se lit très facilement tant le lecteur est happé par l’histoire. Heureusement, le tome 2, La forêt des égarés, arrive le 12 mai prochain en librairie ! Les «gracieuses» que vous êtes peuvent-elles nous dévoiler quelques indices sur cette suite tant attendue par les «pollockmaniaks» ?

Oksa Pollock, tome 2, La forêt égarés

AP – Alors, avant de dévoiler le moindre indice, juste une petite correction qui va mettre la patience des Pollockmaniaks à dure épreuve : la sortie du tome 2 est repoussée… au 20 mai. Huit petits jours de plus, un report microscopique à l’échelle d’une vie mais insupportable pour un Pollockmaniak, je le sais bien… Mais la récompense sera à la hauteur de l’attente ! Tout en restant très ancré dans le réalisme, ce tome 2, La Forêt des égarés, va entraîner les Sauve-Qui-Peut dans une magie plus sombre et plus périlleuse : Gus a disparu, un traître se cache parmi les proches de Dragomira, les cœurs vont saigner… Quant aux relations entre Gus, Oksa et Tugdual, elles vont devenir plus complexes et plus intenses. Le cœur d’Oksa va être soumis à des choix qu’elle n’est pas forcément prête à assumer… Un dernier indice : un personnage, aussi touchant qu’inattendu, va apparaître aux côtés des Sauve-Qui-Peut.

CW - J’ajouterai pour les Pollockmaniaks de la première heure qu’une grande partie de ce tome 2 est totalement inédite. Cadeau !

AP - Le reste, c’est à vous de le découvrir ! Et les surprises ne manquent pas !

LPC – Très visuelle, la saga Oksa Pollock mériterait d’être adaptée au cinéma. Est-ce une perspective à laquelle vous avez déjà pensé ?

AP - Ce serait faux de le nier. Je dois préciser que le visuel fait intégralement partie de notre mode de fonctionnement : en ce qui me concerne, j’ai besoin de visualiser une scène avant de l’écrire. Je me la passe dans ma tête, je fais défiler les images comme un souvenir vécu ou comme un film, et il ne reste plus qu’à l’écrire ! Ou la décrire… Une adaptation au cinéma ? Ce serait une sacrée chance pour Oksa ! Nous ne sommes pas encore au stade d’y penser, pour le moment c’est davantage un rêve. Mais nous savons aussi que les rêves peuvent devenir réalité…

Mise à jour : le lendemain de cette interview, Anne m’apprend que la SND – société de M6 et actionnaire de SUMMIT Entertainment (les producteurs de Twilight) – a acheté les droits ciné de la série Oksa Pollock !

LPC – Je ne peux pas m’empêcher de finir sur cette question : laquelle de vous deux est la plus « folfingote » ?

AP – Je dois attribuer le don de l’aveu : la « folfingote attitude » fait le siège de mon esprit et l’animation de ma langue. Mais le tempérament tourmenté de la Goranov connait aussi de grandes similitudes avec ma nature profonde…

CW - Pour ma part, même si en apparence je suis la plus extravertie des deux, il me semble avoir un vrai côté insuffisant. Je suis souvent dans ma bulle rêveuse qui me donne une attitude absente.

A découvrir

-Oksa Pollock, tome 1 L’inespérée, sortie en mars 2010
-Oksa Pollock, tome 2, La forêt des égarés, sortie le 20 mai 2010
-le site officiel Oksa Pollock
-le forum Oksa Pollock

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