Le centre Pompidou accueille la première rétrospective française consacrée à Yayoi Kusama. Cette artiste contemporaine japonaise frappée du pois méritait bien cette expo qui retrace plus de 60 ans de carrière.
Folle Yayoi Kusama ? Peut-être, mais cette folie douce lui a permis de développer une fibre artistique hors du commun, et de traverser le 20ème et ce début de 21ème siècle avec un regard particulier. Née à Matsumoto en 1929, Yayoi Kusama réalise ses premières œuvres dès les années 50. Psychédéliques, régressives avec le motif récurrent des pois, ses aquarelles séduisent le New-York pop art des années 60, dans lequel elle s’installe à partir de 1957. Artiste provoc’ avec un sacré grain de folie, Yayoi Kusama se fait remarquer en 1960 avec son « Manifeste de l’oblitération« . Photos, collages, dessins, installations artistiques, happenings… L’artiste japonaise marque les esprits partout où elle passe. Ses oeuvres, proche des Mark Rothko, Barnett Newman ou Andy Warhol en font une icône du Mouvement Psychédélique.
« Ma vie est un pois perdu… »*
Recluse à Tokyo dans un hôpital psychiatrique depuis 1977 (elle se rend chaque jour à son atelier installé à deux pas), Yayoi Kusama savoure de loin sa hype depuis une vingtaine d’années. Exposée à la Biennale de Venise en 1993 et au MoMA de New York en 1998, elle a les honneurs cette année d’une rétrospective qui se tient au Centre Pompidou jusqu’en janvier 2012. Plus de 150 œuvres signées Kusuma et réalisées entre 1949 et 2010 sont proposées en suivant un parcours thématique.
Derrière ces œuvres, qui semblent avoir été créées durant un trip sous acide, se cachent des messages forts, comme les métaphores de la libération sexuelle, une critique finalement assez violente de la société de consommation et parfois une politisation de l’art. Mais visiter cette exposition revient avant tout à pénétrer l’âme de Yayoi Kusama, son moi-intérieur, qui s’avère aussi riche qu’inquiétant !
Yayoi Kusama au Centre Pompidou : bande-annonce
http://www.dailymotion.com/video/xlover
-Rétrospective Yayoi Kusama au Centre Pompidou, jusqu’au 9 janvier 2012
*Extrait de son manifeste de l’oblitération











