Présentée hors compétition au Festival de Cannes, Carlos – nouvelle création originale de Canal + – est en train de multiplier les polémiques. Diffusée à partir de ce mercredi 19 mai sur Canal +, la série évènement de la chaîne cryptée est attaquée par les puristes qui rappellent qu’il ne s’agit pas d’un film, mais aussi par le véritable Carlos qui crie à la falsification des faits décrits dans l’œuvre d’Olivier Assayas. En attendant, les premières critiques sont dithyrambiques…
Quand Carlos s’incruste au Festival de Cannes
Les connexions entre le cinéma et la production sérielle sont multiples, surtout depuis le nouvel âge d’or des séries tv, débuté aux débuts des années 2000. Le chef d’œuvre Les Sopranos a été inspiré par les films de Martin Scorsese, les séries indé telles que United States of Tara ou Bored to death possèdent les mêmes codes que le cinéma indépendant US, les acteurs passent de plus en plus souvent d’un format à un autre… Et en France, des réalisateurs reconnus comme Olivier Marchal (36 Quai des orfèvres, Diamants 13) ou Olivier Assayas (Les Destinées sentimentales, Clean) passent du grand au petit écran avec succès (voir la critique de Braquo). Les frontières entre cinéma et séries tv s’atténuent à tel point que cette année, le Festival de Cannes a décidé de présenter hors compétition une série ambitieuse sur le parcours du terroriste Carlos, signée Olivier Assayas. Gilles Jacob s’attendait-il à une telle levée de boucliers ? Toujours est-il que des voix s’élèvent pour dénoncer les accointances entre le Festival et Canal + (partenaire officiel à qui il est bien difficile de refuser quelques chose), mais aussi pour rappeler que l’évènement est supposé être cinématographique. En gros, Olivier Assayas aurait été plus inspiré de présenter son Carlos au futur Monte Carlo Television Festival…
Carlos et ses avocats crient au mensonge
Olivier Assayas doit aussi faire face aux critiques du vrai Carlos, qui purge une peine de réclusion à perpétuité à la Centrale de Poissy (Yvelines), pour le meurtre en 1975 de deux policiers et d’un indicateur. Aujourd’hui âgé de 61 ans, « le Chacal » a notamment en travers de la gorge la scène de la séquestration des onze ministres, organisée lors d’une réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) à Vienne en 1975 : « Montrer des hommes hystériques avec des mitraillettes en train de menacer des gens désarmés est complètement ridicule. […] Les choses ne se passaient pas comme ça, on était des professionnels, des commandos de très haut niveau », a-t-il expliqué à la presse.
Maître Coutant-Peyre, l’avocate de Carlos, rappelle également que certains faits qui apparaissent dans la série n’ont pas été jugés au tribunal, donc que la « présomption d’innocence » n’est pas respectée. Pour sa part, le producteur de la série Daniel Leconte raconte sa version des faits : « On s’est quand même donné les moyens, sans carte de presse, de vérifier un maximum d’informations. Mais je ne prétends pas démontrer une vérité dans ce film, alors qu’aucune enquête ou aucun documentaire n’a réussi à le faire jusque-là ». (source : L’Express)
Carlos, c’est de la bombe
Toute la problématique de Carlos tient au fait qu’il s’agit d’ un pan de l’histoire abordé assez contemporain. Avec le sujet principal du téléfilm encore vivant et écarté dès le début du projet, les auteurs de Carlos devaient s’attendre à ce genre de polémiques. Concernant la qualité de la série – qui se présente en trois épisodes d’1h40 environ – la critique qui l’a visionné en avant première semble conquise autant par l’interprétation d’Edgar Ramirez dans la peau du terroriste que par l’intrigue. Mélange détonant de politique, d’histoire avec un grand H et d’action, Carlos se présente comme un Mesrine (le diptyque de Jean-François Richet) en plus dense et plus « international ». Le premier épisode est à découvrir dès ce soir sur Canal +.
-Carlos, d’Oliver Assayas, avec Edgar Ramirez, tous les mercredi à partir de 20h45 sur Canal +
-Voir aussi : dvd série






