Critique mais fidèle de la première heure, j’ai toujours eu envie de découvrir l’envers du décor du Grand Journal, le fameux talk-show de Canal + qui brasse des stars à la douzaine tous les jours entre 19h20 et 20h50. Alors quand l’occasion de faire partie du public s’est présentée, j’ai foncé. Récit.
2 rue des Cévennes dans le 15ème. Excitée comme une puce à l’idée de rencontrer voir de mes propres yeux la géniale et discrète actrice de Damages et des Liaisons dangereuses, j’investis la file d’attente et tombe direct sur un de ces spécimen qui vogue de plateaux en plateaux télé pour faire le public. Comme une adolescente, l’homme d’une quarantaine d’année en costard me dit : « Ce soir, c’est les One Direction (un boysband anglo-irlandais qui a détrôné Justin Bieber dans le cœur des teenagers biactol), et là une certaine Glenn Rose… ». Et ça continue : « Elle a joué dans quoi Glenn Rose ? », « Basic Instincts » répond une voisine de file d’attente. Donc, nous devions être trois à connaître effectivement un peu la carrière de Glenn Close sur la cinquantaine de personnes présentes pour assister à l’émission !
Welcome Glenn Rose !
Une fois la file (oui, on est bien sur la liste, on peut rentrer et déposer toutes ses affaires dans un vestiaire tenu par un charmant métrosexuel) et le détecteur de métal passés avec succès (pas moyen d’embarquer un téléphone ou un appareil photo, il faudrait un gadget digne d’un James Bond !), le public du jour est invité à attendre dans une pièce assez moche, sans décor. Pour Glenn Close - « une des plus grandes stars de cinéma de tous les temps » dixit le sympathique ambianceur de plateau qui suscite un enthousiasme mesuré – le tournage a été coupé en deux, et la partie avec elle a donc été enregistrée lundi entre 12h et 14h. Un bon observateur peut donc réaliser que le public n’est pas le même au début et à la fin de l’émission. C’est un fait assez rare qui ne se produit qu’avec les grandes stars américaines overbookées.
Comment est-on placé sur le plateau ? Difficile à dire : en fonction des couleurs, du sexe et peut-être un peu de l’allure générale. J’ai eu la chance (ou la malchance c’est selon) de me retrouver sur l’estrade tournante qui se trouve derrière Michel Denisot quand on regarde Le Grand Journal. Moment de gloire télévisuel intense : un gros plan sur moi et ma robe verte en train de faire la boulette de me rassoir sous l’impulsion du plateau tournant, alors qu’une Glenn Close debout regarde vers notre direction ! A voir dans l’émission de ce soir si tout le monde se plante ou si je suis la seule gourde…
Under control
A part ce petit incident, alors ? Glenn Close, venue promouvoir son film Albert Nobbs (on en reparle bientôt, elle est nominée aux Oscars 2012) assure et se révèle plutôt naturelle pour une star de son acabit. Michel Denisot est apparu plus placide et zen que jamais, fidèle à sa réputation (il n’a quasiment pas pipé mot en dehors des caméras). Les filles (Ariane Massenet et China Moses) sont apparues souriantes et pomponnées avec quelques maquilleurs pour les retouches, accompagnées de Kamel Boutayeb qui peine à mon sens à remplacer le charismatique Ali Badou…
En fait, le tournage en tant que public du Grand Journal s’est révélé à l’image du talk show : sympathique mais quelque peu déshumanisé. Tout va très vite, aussi vite que les questions rebattues des journalistes à Glenn Close (florilège : vous qui tournez dans la série Damages, pensez-vous que la télé est le nouvel eldorado des acteurs ? Vous n’en n’avez pas marre d’être assimilée à une femme un peu masculine ? et la palme : les transformations physiques sont tendance aux Oscars cette année, non?) Les présentateurs et chroniqueurs ne viennent pas dire bonjour au public, le plateau est contrôlé par des « bodyguards » à toutes les extrémités. Sitôt la caméra coupée, le public est cordialement et fermement invité à reprendre le même chemin que celui emprunté sans s’attarder nulle part. Avant cela, Glenn Close a répondu à la dernière question de Michel Denisot : « Quelle est votre réplique préférée ? » par « It’s beyond my control* ». Et rien que pour cela, merci Le Grand Journal !
*Cette réplique est en fait celle de son partenaire John Malkovich dans une scène mémorable des Liaisons Dangereuses :
Retrouvez la sélection des précédents DVD Oscar du meilleur film sur RueDuCommerce avant la cérémonie qui a lieu le dimanche 26 février dans la nuit. Glenn Close concourt dans la catégorie meilleure actrice.










Hey,
Bon d’accord, j’ai confondu Basic Instinct avec Liaison Fatale, sous la pression du moment ! Mais il fallait vraiment élever le niveau du débat sur Glenn Rose. Moi, au moins, je ne me suis pas rassise quand il fallait pas… Grrrr !