Charlotte Gainsbourg est-elle surestimée ?

Charlotte Gainsbourg est cette semaine à l'affiche de Persécution de Patrice Chéreau, elle sort aussi son 2ème album solo, IRM.La « fifille » chérie du grand Serge Gainsbourg revient sur le devant de la scène ce mois-ci avec des actus dans tous les sens : ciné, mode et surtout musique avec la sortie d’IRM, son 2ème album réalisé en collaboration avec Beck. Il n’en faut pas plus pour que les médias français la propulsent « it girl » de la semaine. Des Inrocks à Paris Match en passant par Elle – je vous épargne les sujets radios et les apparitions tv – elle est partout et plaît à tout le monde. Charlotte Gainsbourg est-elle surestimée ?

Oui, son « IRM » est paresseux

A la manière de Scarlett Johansson, Charlotte Gainsbourg s’intéresse de temps en temps à la musique, entre deux projets ciné. Trois ans après son premier album solo (je ne compte pas Charlotte For Ever imaginé par papa), 5.55 dans lequel collaboraient des groupes branchés style Air ou The Divine Comedy, elle récidive avec Beck dans le rôle du musicos « branchouille-crédible ». Le Beck en question donne un aspect pop, électro et expérimental pas désagréable à ce second opus. De son côté, Charlotte – qui a trouvé le titre de l’album après un accident cérébral grave – se contente de poser sa voie fluette et de conserver cette nonchalance frenchie qui la caractérise. Voici le clip du 1er single « Heaven can wait » :

Sympa ? Oui, en fond sonore pendant que je bosse ou lis un bouquin. Marquant ? Non. Il est temps que la Charlotte Gainsbourg chanteuse se fasse violence et trouve son « Antichrist » version musique.

Non, Charlotte est  une actrice passionnante

S’il y a bien un domaine dans lequel l’élève surpasse le maître, c’est celui du cinéma. L’actrice Charlotte Gainsbourg est nettement plus passionnante que la chanteuse. Au fil de collaborations prestigieuses et inattendues (21 grammes, Prête-moi ta main, Antichrist…) se dessine une carrière tout à fait éclectique. Comédies populaires ou expérimentales (La Science des Rêves de Michel Gondry), drames et grosses prises de risques, Charlotte version ciné ne se refuse rien. Ses deux césars et son prix d’interprétation à Cannes 2009 (pour Antichrist de Lars Von Trier) prouvent qu’elle a raison. Moralité : cette semaine, je cours plutôt voir son dernier film signé Chéreau qu’écouter son dernier album. Dans Persécution, qui sort au ciné mercredi 9 décembre, Charlotte Gainsbourg est entourée de Romain Duris et Jean-Hugues « Braquo » Anglade.

Charlotte sans Gainsbourg existe-t-elle ?

Charlotte Gainsbourg serait-elle intéressante sans son célèbre patronyme ?

Toutes les « fils de… » ou « filles de… » connaissent le même problème (ils devraient monter un groupe de soutien d’ailleurs!), il faut tuer le père pour exister… Les Delon et Belmondo n’ont franchement pas réussi. Les Depardieu (Julie et feu Guillaume) en revanche, sans surpasser papa Gérard, ont eu le mérite de tracer leur propre chemin. Charlotte Gainsbourg est de ceux-là; mais le clip « Lemon Incest », le bisou sur la bouche de papa lors des Césars de 1986, ou encore les questions sur le biopic « Gainsbourg (Vie héroïque) » (sortie janvier 2010) la ramènent toujours au père.

Ses incursions dans la musique tout comme l’omniprésence de Jane Birkin dans sa carrière ne l’aident pas à se défaire de l’héritage familial. N’en n’a-t-elle pas trop joué, justement, au point que son existence soit indissociable de celle de ses parents ?

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