Rentrée littéraire 2010 : les romans à découvrir

Chaque année, à la même époque, des centaines de livres font leur apparition sur les étals des librairies entre les mois de septembre et octobre. 2010 ne fait pas exception à la règle avec près de 750 nouvelles parutions sur ces deux mois d’ébullition littéraire. Alors forcément, on passera sans doute à côté de perles méconnues qui n’auront pas eu les honneurs d’une couverture médiatique, mais il faut bien faire des choix parmi la flopée de nouveaux livres à découvrir. Voici quelques incontournables, et n’hésitez-pas à nous donner vos coups de cœur dans les commentaires de ce post.

-L’insomnie des étoiles de Marc Dugain

Ancien chef d’entreprise ayant tout plaqué pour embrasser la vocation d’écrivain, Marc Dugain est connu du grand public pour son premier roman devenu un film, La chambre des officiers, qui traitait des gueules cassées de la Première Guerre Mondiale. Il revient cette année sur le thème de la guerre avec L’insomnie des étoiles, qui se penche sur une compagnie de militaires français ayant reçu l’ordre d’occuper le sud de Berlin à l’automne 1945. Le capitaine Louyre et ses hommes découvrent une adolescente sauvage et un cadavre d’homme. Que s’est-il passé ? Envers et contre tous, Louyre va se muer en Sherlock Holmes berlinois et tenter de rassembler les pièces du puzzle.

-La carte et le territoire, de Michel Houellebecq

Tout le monde en parle : sélectionné pour le Goncourt 2010, accusé de plagiat (lire Michel Houellebecq et Wikipedia : plagiat ou non ?), le dernier Houellebecq alimente les conversations des dîners mondains. Le mieux, c’est encore de le découvrir par soi-même. Considéré par la critique littéraire comme l’un des meilleurs écrits de l’auteur, La carte et le territoire est centré sur la vie de Jed Martin, nouveau symbole de l’homme occidental dépressif à ajouter aux autres personnages inventés par l’écrivain ces 10 dernières années. Du pur Houellebecq, plus drôle qu’à l’accoutumée sans perdre de sa profondeur et de sa pertinence.

-Vie et opinions de Maf le chien et de son amie Marylin Monroe, d’Andrew O’Hagan

En attendant la sortie de Fragments le 12 octobre, recueil de documents intimes appartenant à Marilyn Monroe, l’icône américaine s’invite dans cette rentrée littéraire de manière inattendue et surprenante puisque l’écossais Andrew O’Hagan raconte les deux dernières années de sa vie vues par son chien ! N’y voyez-pas pour autant une idée de bas étage pour se faire du fric sur le dos de la pulpeuse blonde. Le livre a beau avoir pour personnage principal un bichon maltais, il n’en demeure pas moins brillant, drôle, attachant… et véridique. L’auteur s’appuie en effet sur la véritable histoire de Maf, né en Écosse dans un élevage canin huppé et offert à Marylin par Franck Sinatra. A partir de là, le lecteur suit les deux dernières années de la vie de l’actrice, faites de hauts et de bas.

-Suites impériales de Bret Easton Ellis

Sans doute LE roman étranger à ne pas louper de cette rentrée littéraire. L’auteur d’American Psycho et Lunar Park revient avec, une fois n’est pas coutume, une suite ! Celle de son tout premier roman, Moins que zéro, paru en 1985. Avant Sean et Patrick Bateman, il y avait la bande d’ados junkies : Clay, Rip, Trent, Julian et Blair. Les revoilà donc, 25 ans plus tard, dans Suite impériales. Ils sont riches et influents, mais toujours aussi seuls et désœuvrés. Cruelle, cynique, glauque et égoïste, la plume de  Bret Easton Ellis est toujours aussi acérée. Les fans ne seront pas dépaysés.

-Apocalypse bébé de Virginie Despentes

La romancière féministe punk, auteur de Baise-moi, Les jolies choses ou Bye Bye Blondie revient après 4 ans d’absence avec un roman qui fait l’unanimité. Sélectionné pour le prix Goncourt 2010, Apocalypse bébé nous raconte les déboires de Valentine, une ado qui disparaît. Seule sa grand-mère va la rechercher entre Paris et Barcelone (où vit Virginie Despentes depuis 4 ans) avec l’aide d’une détective lesbienne surnommée « La Hyène ». De nouveau, le style Despente, révolté et dynamique,  fait mouche.

-Une forme de vie, d’Amélie Nothomb

Chaque année depuis 20 ans, Amélie Nothomb balance en librairie un nouveau roman avec la rigueur d’un métronome. Depuis une dizaine d’année maintenant et sa Cosmétique de l’ennemi (2001), elle a bien du mal à se renouveler. Son écriture est toujours brillante, mais l’Amélie’s touch ne fait pas tout, l’auteur ayant du mal à proposer de nouvelle choses (l’obsession de la bouffe, du japon, des noms bizarroïdes, on s’en lasse). Une forme de vie, mise en abîme de son métier d’écrivain, va-t-il changer la donne ? En tout cas, il a convaincu le jury du prix Goncourt, qui l’a sélectionné pour sa première liste.

-Le cœur régulier d’Olivier Adam

Prix Goncourt également à portée à main pour Olivier Adam et les personnages à la dérive de son dernier roman. A la mort de son frère Nathan, Sarah décide de quitter mari, enfants et carrière de cadre pépère pour partir au Japon sur les dernières traces laissées par son frère. Son enquête la mène dans une petite ville au bord de la mer, où elle rencontrera notamment un drôle de japonais qui patrouille le long des falaises pour décourager les candidats au suicide. Poignant et pas si désespéré que ça.

-Que font les Rennes après noël ? d’Olivia Rosenthal

Les animaux ont la cote dans les bouquins de cette rentrée littéraire 2010. Mais celle qui sort vraiment du lot, c’est bien Olivia Rosenthal qui se sert de nos amies les bêtes pour les comparer à nous, les humains. Avec un humour féroce, elle trace un parallèle entre le parcours d’une adolescente qui ne croira bientôt plus au père noël et celui des animaux. Éduqués, protégés, emprisonnés… nous sommes finalement comme ceux que nous mangeons. Le style brillant et singulier de Rosenthal, qui convoque les témoignages de professionnels (dresseurs, soigneurs, gardiens de zoo), font de ce livre une perle originale à ne pas rater.

-Une femme célèbre de Colombe Schneck

Autofiction drôle et sans concession, Une femme célèbre évoque la vie de deux présentatrices célèbres, l’une à l’époque de l’ORTF dans les années 60 et l’autre de nos jours et dans une radio. L’autoportrait affleure à travers le personnage de Jeanne Rosen, journaliste radio raillée par ses collègues (comme Colombe Schneck à France Inter). Un roman léger et populaire, dont le style de l’auteur peut agacer autant que séduire.

-La vie est brève et le désir sans fin de Patrick Lapeyre

Écrivain qui sait se faire rare, Patrick Lapeyre revient après 6 ans de silence avec un roman d’amour sublime selon la critique. Poète délicat et subtil, il s’attache à travers l’histoire de Nora – jeune anglaise irrésistible et prise entre deux amants – à décrire l’amour impossible, la passion inassouvie. Le tout sans grandes déclarations pompeuses mais avec une infinie élégance. Les grands romantiques dans le sens noble du terme y trouveront leur compte.

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