L’été sera noir ou ne sera pas… Oui, le jeu de mots est facile au regard de notre météo capricieuse. Il offre en tout cas une occasion unique de découvrir les polars qui vous feront frissonner et vous tiendront en haleine tout l’été. Selon un tout nouveau sondage Ifop, le polar est le genre préféré des Français. Le Mag’ vous propose un zoom sur les romans policiers du moment à lire absolument.
1. L’incontournable : coup de froid sur les sirènes
La Sirène de Camilla Läckberg est l’incontournable de l’été 2012. Un homme disparaît et, malgré tous les espoirs nourris par sa femme, le récit se voit d’emblée bouleversé par une annonce qui « glace » le lecteur : 3 mois plus tard, son corps est retrouvé intact. Figé dans la glace. L’histoire se corse quand la police découvre que son ami proche, un écrivain de renom, Christian Thydell, reçoit des menaces de mort. Christian écrit le livre le plus important de sa carrière, La Sirène, mais un psychopathe veut tout faire pour l’en empêcher. Erica, enceinte de jumeaux, mène l’enquête de son côté.
Véritable mise en abyme de son propre roman, l’objet du crime agit comme un miroir des émotions du lecteur : angoisse, peur et confusion ne nous lâchent pas une fois le livre refermé. Ce roman représente l’aboutissement d’une série qui a propulsé l’auteur Camilla Läckberg reine du polar. Profitez de cet été pour découvrir toute son œuvre.
2. Rencontre criminelle avec Jane Austen
Vous avez aimé Orgueil et Préjugés de Jane Austen ?
Vous aimerez la suite qu’a imaginée P.D. James : une suite… criminelle ! Dans La Mort s’invite à Pemberley, la romancière pastiche le ton et le style de Jane Austen, en reprenant ses personnages, le lieu – Pemberley House, domaine des Darcy – pour mieux les plonger dans un polar aussi surprenant qu’haletant. Rien ne semble devoir troubler le calme de Pemberley House dans le Derbyshire, ni perturber le bonheur conjugal de la maîtresse des lieux, Elizabeth Darcy. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, croit en effet cette mère de deux charmants enfants. Sa sœur préférée, Jane, et son mari, Bingley, habitent à moins de trente kilomètres. Enfin, son père adulé, Mr Bennet, vient régulièrement en visite, attiré par l’imposante bibliothèque du château.
Ce destin sans fausse note est subitement brisé par l’arrivée de la sœur bannie de la famille : la veille du grand bal annuel, Lydia resurgit dans une carriole affolée, apeurée, craignant pour le sort de George Whickman, son mari haï de tous, et perdu en forêt. Avec cette irruption, les fantômes de la rancœur, de la frustration et de la mort resurgissent. Une fois encore, P.D. James surprend un lecteur par un style, une ambiance et un suspens dont elle seule a le secret.
3. ADN innocent, main coupable : Volte-Face, Connelly
Si pour beaucoup Mickael Connelly n’est plus un mystère tant son œuvre immense en a fait le maître incontesté du polar, ce nouvel opus parvient à nous transporter jusqu’aux frontières d’une justice injuste et inéquitable. Voilà 24 ans que Jason Jessup a été incarcéré pour le meurtre d’une fillette. Coup de théâtre : le voilà libéré sous caution, innocenté par son ADN. Avocat de la défense reconnu, Mickey Haller est choqué d’entendre le procureur du comté de Los Angeles lui demander de plaider en faveur de l’accusation. Alors que le tribunal conclut à la nécessité de faire réviser son procès, Haller reste intimement persuadé que Jessup est bien le froid meurtrier d’une enfant innocente.
Une nouvelle enquête s’ouvre pour le personnage emblématique de Connelly, Harry Bosch, et son ex-femme Maggie McPherson. Face à eux : un avocat surnommé « l’astucieux » et des médias surexcités qui font de ce procès un évènement majeur où chaque citoyen est appelé à devenir juge et partie… Un affaire si exposée qu’on en oublierait presque l’essentiel : se demander ce que ce Jason Jessup qui parade devant les médias la nuit, tel le gendre idéal, fait de ses nuits.
4. Voyage dans l’horreur : N’ouvre pas les yeux
Le titre parle pour le roman : ouvrir les yeux, c’est accepter de rentrer dans un monde cruel et sanguinolent qui ne laisse pas beaucoup d’espoir sur la nature humaine. John Verdon ne signe là que son deuxième roman, mais il s’impose déjà comme le nouveau maître du suspense. Le jour de son mariage une femme est retrouvée décapitée dans la somptueuse propriété des Ashton. Sans surprise, le jardinier mexicain fait figure de coupable idéal : Hector Flores a en effet déserté la propriété depuis le crime. Devenu introuvable, la mère de la victime engage l’inspecteur Gurney pour retrouver le meurtrier de sa fille.
Au grand désarroi de ses parents, Gurney va mettre le doigt sur la vie dissolue de la victime : son attitude, ses désirs, ses relations tourmentées avec son futur mari. Tout pourrait paraître banal : un décor attendu, une intrigue relativement classique, une famille évidemment bizarre. C’est sans compter sur le coup de théâtre qui fait basculer l’intrigue : l’inspecteur reçoit une poupée décapitée et devient la proie de sa proie, un ennemi froid, patient et particulièrement doué. Le final, particulièrement surprenant et réussi, vous scotchera.
5. L’improbable : cette nuit-là
Ce titre remporte à n’en point douter le prix du scénario le plus original de l’année. Grace est une adolescente comme les autres : sympa, mais désobéissante, sortant avec un garçon peu fréquentable, aimant défier ses parents et fumer en cachette. Ce soir-là, la jeune fille a dépassé les bornes. L’adolescente de 14 ans rentre chez ses parents où dort paisiblement son frère, totalement ivre. Son père lui crie dessus, sa mère essaye de tempérer, et comme à son habitude Grace se rebelle en les insultant. Le lendemain matin, Grace se réveille avec peu de souvenirs de la veille, mais bientôt elle se rend compte que quelque chose cloche. Pas d’odeur de café, pas de bruit, pas de frère squattant la salle de bain ou ironisant sur ses frasques. Pas de reproches, pas de miettes sur le plan de travail, ni de voiture dans le garage…
Grace ne verra plus jamais ses parents ni son petit frère. Ils ont disparu : effacés, comme s’ils n’avaient jamais existé. Le récit reprend 25 ans plus tard : Grace a grandi sans réponses, sans explications, seule. Un coup de téléphone va pourtant faire ressurgir la blessure. Désormais maman, Grace va replonger dans son passé pour espérer le comprendre et s’apaiser. Mais le passé est parfois mieux s’il reste enterré. Un roman surprenant au final brillant.







