Petite soeur mon amour, le dernier roman de Joyce Carol Oates

Après Un endroit où se cacher et Le triomphe du singe-araignée, Joyce Carol Oates publie en France son troisième roman de l’année, sans doute le plus passionnant et en tout cas le plus long ! Sur près de 700 pages, la « femme livre » (tant elle écrit, elle pourrait un jour se transformer…) s’approprie un fait divers américain et revient avec Petite sœur, mon amour sur ses thèmes de prédilection.

A 72 ans, Joyce Carol Oates possède un esprit et une plume toujours aussi vivaces. La sortie de son dernier roman en forme de polar le témoigne. Dans Petite sœur, mon amour, l’auteur s’inspire d’un fait divers qui avait émut l’Amérique : celui du meurtre en 1996 de JonBenet Ramsey, une mini-miss célèbre âgé de 6 ans. Battue et étranglée, l’enfant avait été retrouvée dans la cave de ses parents à Boudler, une ville du Colorado. La venue de médias avides de scoops  avait créé un terrible climat de suspicion dans la famille de la victime, mais le meurtre n’a jamais été élucidé.

Dans Petite sœur mon amour la petite miss Jon Benet est remplacée par Bliss, une championne de patinage sur glace célèbre et aimée de tous, mais aussi jalousée par son frère aîné de trois ans, Skyler. Depuis le meurtre mystérieux de sa sœur, il est devenu dépendant aux drogues, puis navigue  entre établissements spécialisés et psychiatres. A 19 ans, il se souvient de l’affaire qui l’a traumatisé par bribes… Va-t-on découvrir le coupable ?  Entre les parents, un étranger apparemment pas net et le narrateur lui-même, le lecteur à l’embarras du choix.

Audacieuse, Joyce Carol Oates livre tel un détective sa propre résolution de l’histoire, qu’elle utilise à la manière d’un Denis Lehane pour décortiquer ses thèmes de prédilection : la famille dysfonctionnelle, l’influence néfaste des médias, les dérives de la psychanalyse, et bien d’autres encore que je vous laisse le soin de découvrir à  la lecture de ce Petite sœur mon amour, qui a créé la polémique aux États-Unis de par son sujet sensible et la liberté avec laquelle l’écrivain « réécrit » l’histoire.

-Petite sœur mon amour, de Joyce Carol Oates, 22€80

-Voir aussi : plus de roman polar

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