Michel Houellebecq et Wikipedia : plagiat ou non ?

A peine sorti de sa retraite médiatique, l’écrivain Michel Houellebecq déchaîne de nouveau les passions. En cause, son dernier roman, La carte et le territoire, sorti le 3 septembre dernier. Acclamé par la critique, sélectionné pour le prix Goncourt, il est pointé du doigt par le site Slate.fr, qui a repéré quelques passages copié/collé de Wikipedia. Alors plagiat ou pas ?

Le roi de l’analyse au vitriol de la déprime de l’homme occidental n’a jamais laissé indifférent. La faute à une écriture brillante et provocante et à un personnage médiatique très ambigu. Un peu à l’image d’un Frédéric Beigbeder, Michel Houellebecq est l’un des plus célèbres enfants terribles de la littérature française. Et en même temps l’une de ses plus belles réussites. Alors où est le respect ? Comment accuser un écrivain de plagier Wikipedia quand son style se nourrit justement d’emprunts à d’autres auteurs ou à des symboles de notre société de consommation ? Techniquement, en plus, les écrits de Wikipedia sont libres de droit, on ne peut donc pas les plagier. N’importe qui peut les recopier tel quel si ça lui chante, mais n’importe qui ne peut pas prétendre écrire du Houellebecq pour autant. Seuls quelques passages savamment choisis  – sur la ville de Beauvais, la mouche domestique ou encore sur Frédéric Nihous, ancien candidat des chasseurs à l’élection présidentielle en 2007 – ont été pioché par l’auteur, qui a publié un livre de 450 pages !

« Il en restera toujours quelque chose… »

Sans doute très attristé par ces accusations très en dessous de la ceinture, Michel Houellebecq a réagit aux attaques sur le site du Nouvel Obs via une interview vidéo : « Le principe de tentative de brouillage entre documents réels et fiction, beaucoup de gens l’ont fait. Moi, j’ai surtout été influencé par Perec et Borges (…) Perec y arrivait beaucoup mieux que moi parce qu’il ne retravaillait pas du tout le fragment et à chaque fois cela crée un décalage linguistique assez fort (…) J’espère que cela participe à la beauté de mes livres d’employer ce genre de matériau. Même si c’est ridicule comme accusation, il en restera toujours quelque chose… » conclut-il. Franchement, j’espère que l’écrivain se trompe et que les lecteurs savent faire la part des choses. Personnellement, j’ai déjà oublié cette polémique ridicule et j’ai surtout hâte de me procurer le roman de Michel Houellebecq, d’ores et déjà en lice pour le prix Goncourt.

Les 14 livres sélectionnés pour le Goncourt 2010

-Olivier Adam, Le Cœur régulier, L’Olivier
-Vassilis Alexakis, Le Premier Mot, Stock
-Thierry Beinstingel, Retour aux mots sauvages, Fayard
-Vincent Borel, Antoine et Isabelle, Sabine Wespieser
-Virginie Despentes, Apocalypse bébé, Grasset
-Marc Dugain, L’Insomnie des étoiles, Gallimard
-Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants, Actes Sud
-Michel Houellebecq, La Carte et le Territoire, Flammarion
-Maylis de Kerangal, Naissance d’un pont, Verticales
-Patrick Lapeyre, La vie est brève et le désir sans fin, P.O.L
-Fouad Laroui, Une année chez les Français, Julliard
-Amélie Nothomb, Une forme de vie, Albin Michel
-Chantal Thomas, Le Testament d’Olympe, Seuil
-Karine Tuil, Six mois, six jours, Grasset

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