
Silencieuse depuis deux ans en dépit des multiples attaques de ses ex-compagnons de captivité, Ingrid Betancourt n’a jamais raconté sa version des faits, ses 6 ans passés avec les Farcs dans la jungle colombienne. Elle publie un livre d’actualité ce mois-ci, Même le silence a une fin, dans lequel elle revient sur son calvaire.
Ses sorties médiatiques en Madone des temps modernes en ont agacé plus d’un, ses caprices et son égocentrisme décrit par Clara Rojas et les trois ex-otages américains ont écorné son image de victime à sauver, tout comme ses déboires avec son ex-mari colombien… Mais tout cela n’est que broutilles quand on plonge dans le livre d’Ingrid Betancourt qui nous fait toucher du doigt ce qu’il faut avoir vivre pour vraiment le comprendre. Impossible en effet pour nous, êtres civilisés vivant dans le confort et la sécurité, de ressentir le fait de n’être plus traité comme un être humain, mais comme une bête et une simple monnaie d’échange qui peut mourir à chaque instant.

Les maladies, les violences sexuelles (que l’auteur aborde rapidement), psychologiques, les rapports qui pourrissent avec les autres otages, les tentatives d’évasion ratées, la personnalité des guérilleros, l’amour porté à ses enfants et à sa mère, à sa Bible… Ingrid Betancourt aborde tous les sujets dans ce livre dense de plus de 700 pages. Forcément, ce voyage au bout de l’enfer l’a transformé profondément, l’a obligé à devenir une autre personne qu’elle décrit sans complaisance. Cela n’excuse pas forcément son comportement ou le fait qu’elle se soit jetée dans la gueule du loup, inconsciente des conséquences. Ce témoignage qui nous fait entrer dans la tête d’un otage des Farcs n’en demeure pas moins précieux.
-Même le silence a une fin, Ingrid Betancourt, 23€66, sortie le 21 sept




