Depuis quelques années et l’arrivée de la crise, les collections de livre de poche ont le vent en poupe. Facile à transporter, le format poche se vend à un prix attractif. Pas folles, les maisons d’édition organisent maintenant la rentrée littéraire des livres de poche en se calquant sur les auteurs du moment (Amélie Nothomb, Michel Houellebecq) ou en misant sur une « star » de la littérature absente de la rentrée 2010 (Frédéric Beigbeder, Eric Emmanuel Schmitt). Voici une sélection de quelques bons bouquins de poche à lire n’importe où : dans le train, le bus ou au boulot entre midi et deux.
Millenium, Tome 1 de Stieg Larsson
Enfin ! Vous allez pouvoir acheter la saga suédoise à succès qu’un lecteur sur deux n’a pas compris. Alors qu’un remake US des films réalisés par Niels Arden Oplev est en cours avec David Fincher derrière la caméra et Daniel Craig dans le rôle de Mikael Blomkvist, les romans refont parler d’eux avec la sortie de ce tome 1 en format poche intitulé « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes« . Certains adorent, d’autres s’endorment, à vous de vous faire votre propre opinion moyennant 11€.
Un roman français de Frédéric Beigbeder
Frédéric Beigbeder fait partie du clan restreint des auteurs stars de la littérature française. Il a donc droit à un traitement spécial. Son livre autobiographique paru en 2009 – Un roman français – est déjà disponible en librairie. Tout comme les derniers Amélie Nothomb… On peut railler l’opportunisme de la collection livre de poche, cela dit cette sortie est une bonne nouvelle pour tous ceux qui n’ont pas pu se procurer le Prix Renaudot 2009. Un roman français est sans doute le meilleur livre de Beigbeder, jetez-vous dessus.
Peur noire d’Harlan Coben
Le roi du polar, très attendu l’année dernière avec la sortie de son nouveau roman (Sans laisser d’adresse, 2009), ne pouvait décemment pas être totalement absent de la rentrée littéraire 2010. Le voilà donc qui revient en format poche avec Peur noire, un polar qui a déjà 10 ans. Contrairement aux auteurs français, Harlan Coben se vend tellement bien en livre relié que les éditeurs mettent un temps fou à le sortir en Pocket. Dans cette nouvelle aventure, l’agent sportif Myron Bolitar se retrouve confronté à un premier amour et à la santé défaillante de son père.
La Guerre des trois Henri, Tome 1 de Jean d’Aillon
Jean d’Aillon, spécialiste de romans policiers historiques, nous plonge au cœur des guerres de religions avec cette nouvelle série qui se déroule en 1585 pendant la Sainte Ligue. Trois hommes se disputent le royaume de France : Henri III – le roi sans héritier, Henri de Navarre – successeur légitime, et Henri de Guise – leader des ultra-catholique de la Sainte Ligue. Voici l’occasion de réviser son Histoire de France tout en se délectant des complots royaux et autres secrets d’alcôves. Un roman passionnant aux descriptions minutieuses.
Ulysse from Bagdad, d’Eric-Emmanuel Schmitt
Voilà un autre grand auteur français dont on n’a pas entendu parler en cette rentrée littéraire. Pas étonnant : en tout fin d’année dernière, l’écrivain a sorti son deuxième film, Oscar et la Dame rose, adapté d’un de ses romans. Du coup en 2010, il n’a eu que le temps de sortir qu’une nouvelle, Concerto à la mémoire d’un ange, qui a tout de même récolté le Prix Goncourt de la Nouvelle 2010 ! Uysse from Bagdad – son dernier roman – sort en format poche deux ans après sa publication. Schmitt s’attaque à rien de moins que l’émigration d’un irakien, Saad Saad, vers l’Angleterre. Érudit, l’auteur en profite pour établir un parallèle avec le parcours d’Ulysse. Ce roman, qui se place du point de vue de l’émigrant donne un éclairage nouveau à l’immigration, sujet brûlant dans nombres de pays d’Europe.
King Kong Théorie, de Virginie Despentes
L’une des figures de la rentrée littéraire avec la sortie en librairie d’Apocalypse Bébé – un roman coup de poing acclamé par la critique – débarque en poche avec son manifeste féministe qui avait fait grincer quelques dents lors de sa publication en 2006. Avec son style punchy et sans fioritures, Virginie Despentes livre un essai autobiographique dérangeant dans lequel elle disserte sur la prostitution, le viol ou la pornographie. Des sujets qu’elle connaît pour les avoir vécu. L’écrivain écorne au passage les diktats auxquels se soumettent les femmes modernes. On se quitte sur un extrait édifiant de King Kong Théorie :
« Parce que l’idéal de la femme blanche, séduisante mais pas pute, bien mariée, mais pas effacée, travaillant mais sans trop réussir pour ne pas écraser son homme, mince mais pas névrosée par la nourriture, restant indéfiniment jeune sans se faire défigurer par les chirurgiens de l’esthétique, maman épanouie mais pas accaparée par les couches et les devoirs d’école, bonne maîtresse de maison mais pas bonniche traditionnelle, cultivée mais moins qu’un homme, cette femme blanche heureuse qu’on nous brandit tout le temps sous le nez, celle à laquelle on devrait faire l’effort de ressembler, à part qu’elle a l’air de beaucoup s’emmerder pour pas grand-chose, de toutes façons je ne l’ai jamais croisée nulle part. Je crois bien qu’elle n’existe pas. »
-Voir aussi : la « vraie » rentrée littéraire 2010 sur Alapage





