La 30ème édition du Salon du livre ferme ses portes ce soir après six jours de rencontres littéraires fructueuses, de prise de tête autour de l’avenir du livre numérique et du livre tout court, mais aussi de débat enflammé autour du cas Éric Zemmour, invité sur l’évènement. N’oublions pas le principal, cette année exceptionnelle réunissait la crème de la crème des écrivains français et étrangers. Petite sélection des romans et autres essais stars à se procurer immédiatement pour briller dans les dîners en ville (ou au boulot au choix…).
Un roman français, de Frédéric Beigbeder
Le livre qui a définitivement fait entrer l’enfant terrible de la littérature française au panthéon des grands écrivains. Frédéric Beigbeder, ancien publicitaire connu pour ses multiples excès, se rachète une crédibilité en tombant le masque. Il se raconte sans détours dans Un roman français : son enfance dorée à Neuilly-sur-Seine, son rapport à la famille, la mélancolie, le cynisme né de trop grandes déceptions… Un essai indispensable - élu Prix Renaudot 2009 – pour enfin appréhender dans toute sa complexité l’auteur de 99 francs et Windows on the world.
Trois Femmes Puissantes, de Marie Ndiaye
Au cœur de l’actualité avec le film White Material de Claire Denis dont elle a co-écrit le scénario, Marie Ndiaye a marqué les esprits au début de l’année en recevant le Prix Goncourt 2009 pour Trois femmes puissantes, premier roman dans lequel l’écrivain revient sur ses origines africaines (elle a quitté le Sénégal a un an et se considère 100% française). Elle nous conte l’insoumission de Norah, Fanta et Khady Demba à travers trois histoires de femmes qui luttent contre les humiliations subies et répétées. Tout le mystère et le talent de l’écrivain jaillissent dans Trois Femmes Puissantes, un des grands succès de l’année à ne pas manquer.
Le Voyage d’hiver, d’Amélie Nothomb
Ah Amélie ! Ses personnages aux prénoms improbables, son enfance en Chine, ses multiples démons, ses histoires si imprévisibles, ses références érudites… Depuis 1992 et l’Hygiène de l’assassin, l’écrivain belge à la personnalité délicieusement décalée nous régale chaque année avec un roman sorti de son imagination, ou semi-autobiographique. Le Voyage d’hiver, 18ème du nom, nous plonge au cœur d’un trio amoureux composé d’une romancière autiste et encombrante, de son agent Astrolabe, et de Zoïle. Ce dernier va commettre un acte insensé par amour… Les fans d’Amélie Nothomb ne seront pas dépaysés avec cette métaphore du métier d’écrivain brillante et désopilante.
Invisible, de Paul Auster
Monument de la littérature américaine, Paul Auster livre avec Invisible son roman le plus réussi de ces dernières années. Quête identitaire et philosophique construite autour d’un scénario complexe, l’histoire se penche sur la vie d’Adam Walker, un jeune poète né en 1967. Les narrateurs et les années passent au fur et à mesure que se dessine la personnalité d’Adam et des thèmes comme la fuite et la disparition, qui sont chers à Paul Auster.
Victoria Et Les Staveney, de Doris Lessing
Prix Nobel de littérature en 2007, Doris Lessing poursuit avec brio une carrière d’écrivain engagé. Anti-Apartheid, anti-colonialiste et féministe sans le revendiquer, elle ne cesse de s’inspirer de son expérience africaine pour écrire des romans au souffle romanesque qui dénoncent les grands maux de l’Histoire. Victoria et les Staveney – qui raconte la vie d’une femme noire et de son enfant métisse liées à une riche famille blanche – s’inscrit dans la lignée de l’œuvre colossale et indispensable de Doris Lessing.
Une mère sous influence, de Patricia MacDonald
La reine du polar américain nous revient avec une nouvelle intrigue à suspens qui place Morgan dans une bien mauvaise position. Venu dans la dans la petite ville balnéaire de West Briar (Nouvelle-Angleterre) pour assister au baptême du fils de Claire, sa plus vieille amie, Morgan sent que les choses ne tournent pas rond. Quelques jours plus tard, elle reçoit un appel désespérée de Claire, qui lui avoue un meurtre effroyable… Les fans retrouveront avec bonheur le style de MacDonald, passée maître dans l’air du suspens psychologique. A lire le soir au coin du feu avec les portes fermées à double tour !








