En matière de box office ou de salaires de stars, les States sont les rois de la flambe, de la frime, du strass et de la paillette. La France, elle, fait preuve de discrétion quant il s’agit de parler oseille, d’étaler son patrimoine ou de dévoiler ses revenus. Si, en plus, on ose toucher au milieu de l’Edition, autant pénétrer l’ordre de l’Opus Dei avec une plume dans le… Par un hasard heureux, je me suis abonnée au magazine Lire il y a quelques semaines – ne me demandez pas ce qui m’a pris je ne saurais vous répondre – et voilà que la Une est consacrée à une enquête « tabou » : « Ce que gagnent les écrivains ». Des questions très intéressantes sont abordées : « Qui sont les mieux payés ? A quoi servent les agents littéraires ?… ». Ni une ni deux, je me suis jetée dans la brèche pour condenser mais aussi compléter ce dossier plutôt passionnant.
Dans son dossier « Ce que gagnent les écrivains », le magazine Lire parle des paradoxe des relations franco-américaines : « le puritanisme américain a érigé le sexe en tabou et libéré l’argent tandis que le puritanisme français fait de l’argent son tabou tout en se régalant de sexe… ». Le magazine est clair, l’argent des écrivains est un sujet obscur, c’est pas beau de parler argent surtout quand on touche à la culture avec un grand « C ». Encore un aspect qui nous différencie des ricains, l’argent. Si au pays des burgers évoquer son salaire est la porte d’entrée aux mondanités, en France, rester discret sur ses finances reste de bon ton.
Un peu d’histoire ne fera de mal à personne… C’est grâce à l’engagement de Beaumarchais que le droit d’auteur vit le jour en 1791. Le droit d’auteur ? C’est un pourcentage prédéfinit sur le montant total du livre qui part directement dans la poche de l’auteur. Généralement, les droits d’auteur sont de 8% jusqu’à 10 000 exemplaires vendus, 10% jusqu’à 20 000 et 12% au-delà. Attention pour les éditions de poche, on tourne aux alentours des 5%. Se voir décerner le Goncourt c’est voir ses droits d’auteur grimper jusqu’à 14 ou 15%. Le record revient à Françoise Sagan et ses 20% après le succès de Bonjour Tristesse. Certaines règles perdurent : 7% de droits d’auteurs pour les premiers romans chez Gallimard.
La renommée d’un auteur se mesure également au « MG » – Minimum Garanti – soit l’avance faite par l’éditeur au moment de la négociation d’un contrat. Cette somme est un acquis qui ne peut en aucun cas être dû à remboursement sauf si le livre n’a jamais été livré. Michel Houellebecq s’est empoché 1,3 million d’euros d’avance pour La possibilité d’une île chez Fayard. Ce joli chèque comprenait la publication du roman et son adaptation au cinéma. Houellebecq écrira : « Je me rends compte que tous les bouleversements qui ont pu arriver dans ma vie ne sont rien par rapport à celui-là : avoir assez d’argent pour ne pas être obligé de gagner sa vie ».
Il faut savoir que 75% des écrivains ne peuvent pas vivre de leur métier, seule une centaine d’auteurs en France vivent de leur profession. Sartre était écrivain le dimanche et professeur de lettres le reste de la semaine. La double vie de l’écrivain est une réalité plus qu’un mythe.
Les 5 romanciers qui ont le plus vendus en 2009
- Marc Levy (1,74 millions d’exemplaires) - Voir Photo
- Guillaume Musso (1,39 millions de livres)
- Katherine Pancol (871 000 exemplaires)
- Anna Gavalda (784 000 exemplaires)
- Fred Vargas (633 000 exemplaires)
Quelques chiffres
- Muriel Barbery, L’élégance du hérisson : 1,320 million d’exemplaires (+ 500 000 exemplaires de poche) et 3,350 millions d’euros de gains
- Marie NDiaye, Trois femmes puissantes : 500 000 exemplaires et plus d’un million d’euros de gain
- Victor Hugo, Les Misérables : Guernesey, son éditeur, lui propose 240 000 francs, l’équivalent de 600 000 euros d’aujourd’hui





