L’énigme Spike Jonze

Spike JonzeLa sortie en grande pompe d’Avatar a éclipsé ce mercredi 16 décembre un autre très beau film : Max et les maximonstres. Adaptation du célèbre conte de Maurice Sendak écrit dans les années 60, il est signé Spike Jonze, un réalisateur rare, connu pour ses clips à  la renommée mondiale et adulé pour son premier film fou, Dans la peau de John Malkovich.

A priori, on n’aurait pas pensé à  Spike Jonze pour réaliser un film destiné avant tout à  un jeune public. Mais comme il le fait justement remarquer, Max et les maximonstres se penche sur « l’état de l’enfance » sans verser dans la facilité des films pour enfants. L’univers créatif du réalisateur a finalement trouvé un écrin parfait avec l’œuvre de Maurice Sendak.

Cette patte singulière, Spike Jonze a commencé à  la travailler dans les années 90 en tournant des clips prestigieux pour Sonic Youth, Fatboy Slim, REM, Björk ou Kanye West… En 2001, le clip de Fatboy Slim Weapon Choice remporte 6 MTV awards. Christopher Walken se lance dans une danse endiablée restée dans les mémoires :

Dans chacun de ses clips, Spike Jonze plonge les chanteurs dans des univers incongrus qui, au final, leur vont comme un gant. Le monde du cinéma découvre le personnage en 1999 avec la sortie de son premier film, Dans la peau de John Malkovich. Le pitch annonce la couleur : un marionnettiste découvre un portail menant directement dans la peau de l’acteur John Malkovich. Le film, absurde et génial, est un bijou d’inventivité.

L'affiche du film délirant Dans la peau de John Malkovich.

Parallèlement, l’insaisissable Spike Jonze imagine en 2000 une série tv radicale, Jackass, dans laquelle des cascadeurs pro se lancent des défis périlleux et complètement débiles. Trois ans plus tard, il revient au cinéma avec Adaptation une histoire aussi délirante que son premier film. Nicolas Cage interprète Charlie Kaufman, le scénariste – le vrai – de Dans la peau de John Malkovich. Ce dernier se voit confier l’adaptation d’un livre, Le Voleur d’orchidées. En panne d’inspiration, il finit par sombrer dans une crise existentielle. Le style de Spike Jonze est clairement reconnaissable : le réalisateur privilégie les scénarios alambiqués et les situations loufoques. Son univers « d’extra-terrestre » ne tourne pas pour autant à  vide, il mène à  une vraie réflexion introspective sur la condition humaine.

Entre 2003 et 2009, Spike Jonze se consacre à  la production et à  la réalisation de clips. Dès 2005, il se lance dans l’adaptation de Max et les maximonstres, dont il est cette fois-ci scénariste. Avec ce conte qui a bercé ses jeunes années, il saisi l’occasion de mettre en scène un « rêve anxieux » capturant « les incertitudes de l’enfance ». Encensé par la critique, ce 3ème long-métrage le consacre définitivement comme l’un des réalisateurs les plus passionnants et les plus énigmatiques des années 2000.

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