A serbian film, le porno snuff qui choque

A serbian film
Cela faisait un moment en France qu’un film bien trash n’avait pas créé la polémique. Il y a bien eu
Enter the void, du provocateur-né Gaspar Noé, mais sans plus. A serbian film est tout désigné pour succéder fièrement aux scandales d’Irréversible (Noé) ou Martyrs de Pascal Laugier. Réalisé par le serbe Srdjan Spasojevic, il plonge le spectateur dans le monde sordide du porno snuff. Présenté au marché du film à Cannes, le film est tellement traumatisant qu’il n’a pas de distributeur français pour le moment.

Petite parenthèse « Larousse » pour ceux qui ne connaissent pas les « snuff movies ». Il s’agit d’une sorte de sous-genre du cinéma d’horreur, inventé dans les années 70. Les « snuff » contiennent des scènes de sexe, de tortures, de meurtres ou de viols censés être réels. Johnny Depp aborde le sujet pour le dénoncer dans son premier film, The Brave (1997, avec Marlon Brando). Le cinéaste Srdjan Spasojevic reprend lui aussi ce thème sulfureux dans A serbian movie, mais pour dénoncer cette fois le sadisme et la violence qui règnent dans certains milieux de la Serbie, pays ravagé par les guerres civiles et les exactions en tous genres. En gros, Spasojevic traite le mal par le mal en nous racontant l’histoire de Milos, un acteur de hard à la retraite qui accepte de tourner une dernière fois dans un porno pour mettre sa famille à l’abri du besoin toute leur vie. Problème : Milos a signé une clause qui stipule qu’il accepte de ne rien savoir du scénario concocté par Vukmir, figure influente de l’industrie pornographique serbe. Il ne connaît pas l’objectif de Vukmir : réaliser LE snuff-movie artistique suprême…

A serbian film

Censurer ou diffuser A serbian film ?

Au programme donc : pas de tabous, de morale, mais des scènes de sexe, de viols ou de meurtres d’une violence insoutenable. La vision du film nécessite un grand recul par apport à ce genre de thèmes. Se rappeler que ce n’est que du cinéma… Présenté au Bifff 2010 (Brussels International Fantastic Film Festival), A serbian film a fait forte impression auprès des festivaliers. Certains crient au génie, à l’expérience extrême à vivre, d’autres partent vomir au bout de 10 minutes de film. Le Festival International du Film d’Horreur de Sainte Maxime – qui a récompensé Martyrs en 2008 – avait prévu de présenter l’œuvre sulfureuse de Srdjan Spasojevic. Les organisateurs ont du renoncer après avoir fait l’objet d’un dépôt de plainte pour incitation à la violence sur mineurs. Je suis toujours partagée quand au bien fondé de ce genre de démarche : l’interdiction d’une œuvre  ne fait que la rendre plus attirante auprès d’un jeune public avide de sensations fortes. Une sortie dans les salles réservés aux plus de 18 ans me paraît plus intelligente. En même temps, il est clair que ce genre de film n’est pas à mettre entre toutes les mains. Rien que la bande-annonce est dure à regarder. Je ne pense pas que j’irai voir A serbian film, même si je comprends l’intérêt de son existence (tout le sous-texte politique entre autres). Faut quand même aimer se faire du mal, ou être bien dérangé, pour s’infliger ce genre de films…

-Voir aussi : DVD horreur, DVD érotiques

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