Jean-Jacques Aillagon, le président du Château de Versailles, se frotte les mains. L’exposition consacrée à l’artiste pop Takashi Murakami fait beaucoup parler d’elle dans les médias. En bien ou en mal, finalement peu importe. L’inauguration, qui a eu lieu ce mardi 14 septembre, a vu les anti-Murakami monter au créneau. Introduire l’art contemporain dans un monument historique n’est pas de tout repos.
« Touche pas à mon château », « Nous voulons la démocratie à Versailles » (elle est bonne celle-là!), « Un conservateur, c’est fait pour conserver ». Ces quelques slogans punchy sont lancés par un petit groupe de manifestants visiblement versaillais, méga-guindés, de droite et conservateurs. Mais au moins ils débattent avec les djeun’s venus assister à la rencontre entre l’art pop et jubilatoire de Takashi Murakami et l’art ancien du Château de Versailles. En reprenant sur des banderoles la blague de Gad Elmaleh, « l’art comptant pour rien », ils assènent aux caméras leur argument majeur : on confond pas les torchons et les serviettes…
Murakami/Versailles, une fausse bonne idée ?
Jean-Jacques Aillagon lui ne s’inquiète pas de ces « débordements », il en a vu d’autres, notamment au moment de l’expo Jeff Koons à Versailles en 2008/2009 ( je viens de retrouver un titre de L’Express – Jeff Koons à Versailles : De l’art ou du homard ? – c’est des marrants…). Le président du Château de Versailles sait bien qu’il ne va pas plaire à tout le monde en faisant la promo du métissage artistique improbable. En effet, en dehors des versaillais caricaturaux vus à la télé, d’autres personnes expliquent avec bon sens que le Château de Versailles est une œuvre d’art en soi déjà bien chargée. Ajouter une pièce extérieure qui n’a rien à y faire (surtout des énormes poupées mangas colorées!) et tout l’équilibre délicat de chaque pièce est rompu. Difficile en effet d’établir un quelconque parallèle entre les œuvres de l’époque de Louis XIV et celles de Murakami. Le seul message serait donc l’absolu contraste entre les deux ? Chacun se fera sa propre opinion sur cette exposition, et finalement dans cette histoire, c’est bien l’art qui gagne. Puisque pour une fois, tout le monde en parle.
Les anti-Murakami aux portes du Château de Versailles
Exposition Murakami-Versailles, quelques photos
La sculpture « Kaikai & Kiki » de Takashi Murakami
La sculpture Flower Matango de Takashi Murakami – Galerie des glaces
La sculpture Tongari-Kun (Mister Pointy) de Takashi Murakami – Salon d’Hercule
La sculpture Kaikai Kiki de Takashi Murakami – Salon de Vénus
Sculpture Yume Lion (The Dream Lion) de Takashi Murakami – Salon d’Apollon
-Crédits Photos : Gilles Truyens © EPV
-Plus d’info : Murakami Versailles au Château de Versailles (78) – Jusqu’au 12 décembre – Tous les jours sauf lundi de 9 h-18 h 30 (17 h 30 à partir du 1er décembre) Renseignements : 01 30 83 78 00 ou www.chateauversailles.fr
-Voir aussi : livre art, livre sculpture














Personnellement, je trouve cette initiative très intelligente. Mettre la Flower Matango au cœur de la galerie des Glaces, c’est super ! On profite pleinement de la multitude de couleurs des créations. Love Murakami
J’ai lu un truc la dessus dans les inrocks, y’a des « défenseurs de l’art » qui condamnent à leur tour. J’y entends rien à Murakami mais cette flower en pleine Galerie des glaces, j’aime, je trouve ça beau ! Je suis super d’accord avec le commentaire de Belinda, j’aurais pas mieux dit. +1 sur Murakami.
Un bon compromis entre 2 générations différentes et 2 types d’art différents !
en quoi le plastique rose bonbon est -il plus kitch que l’abondance d’or et de marbre du sol au plafond !
Murakami , Versailles armes différentes mais même combat : en mettre plein la vue !!
J’aime beaucoup
Certaines sculptures sont superbes, de la fraicheur sur les toiles-d’a-règné !
n’est ce pas dans un lieu aussi grandiose que l’on pourrait montrer et voir des oeuvres aussi travaillées, je trouve que le contraste baroque n’en permet d’apprécier que mieux, aux artistes de prendre de la hauteur..
du gris de l’or, de la couleur…