Le fight de la semaine : Masterchef contre Top Chef

Sortez plaque induction et four micro onde ! La guerre que se livrent M6 et TF1 en terme de résultats d’audience a pris un tournant culinaire depuis que la chaîne du foot et des séries policières US diffuse Masterchef, émission de télé réalité type Star Academy version fourneaux. Problème : avec 23% de parts de marché environ chaque semaine, le show ne cartonne pas autant que la première saison de Top Chef, émission similaire diffusée au printemps dernier sur M6. Pourquoi ? Les raisons détaillées d’un semi-échec.

La personnalité du jury

L’union fait la force. En proposant quatre personnalités différentes et une guest star prestigieuse dans le jury, Top Chef avait ratissé large. On trouvait de tout : la « méchante » Ghislaine Arabian, le trop sympa Jean-François Piège, le papi cool Christian Constant, l’original « Thierry Marx » et la star des djeun’s Cyril Lignac. Masterchef n’a pas tenté de grossir le trait. Du coup, les deux pro de la cuisine  – Frédéric Anton et Yves Camdeborde – possèdent des personnalités trop fades pour une émission de téléréalité, qui doit être mise en scène comme une pièce de théâtre pour que la mayonnaise prenne. Seul Sébastien Demorand, le critique fou, sort du lot avec ses grandes envolées lyriques sur les plats des candidats. Trop peu d’action pour garder le téléspectateur attentif durant 3h30. Ne parlons même pas de la présentatrice : Carole Rousseau. Peu aimée du public et associée à l’émission « C’est quoi l’amour ?« , elle n’est pas un choix très judicieux. Je préférais autant le souriant Stéphane Rotenberg, et je ne suis pas la seule.

Amateurs contre pros

Les premiers épisodes de Masterchef ont montré les limites de l’amateurisme en matière de concours culinaire. Le téléspectateur regarde ce genre d’émission pour rêver et découvrir des plats originaux auquel il n’aurait pas pensé. Je me souviens notamment du candidat Pierre, finaliste de Top Chef, qui nous éblouissait par sa créativité chaque semaine, et transformait un poulet-frites en œuvre d’art. Pour le moment, on ne peut pas dire que la petite sœur de TF1 fasse aussi bien quand on voit des candidats félicités pour avoir proposé un toast avec un œuf au plat dessus ou du jambon enroulé autour d’asperges ! Merci, ça, nous aussi on sait le faire. Les épreuves également manquent de piment pour le moment : réaliser une mayonnaise, un plat avec un œuf… Pas super excitant.

Usine à gaz contre proximité

A force de répéter que Masterchef est le plus grand concours culinaire organisé en France, avec des milliers de candidats sur la ligne de départ, le show manque de ce petit supplément d’âme qui fait tout le sel des concours de télé réalité. L’énorme hangar qui accueille les candidats est impersonnel, et l’on a pas le temps (pour le moment en tout cas) de s’attacher aux chefs en herbe. Le succès d’un Dîner presque parfait de M6 aurait du mettre la puce à l’oreille des têtes pensantes de TF1 : la cuisine en France rime avant tout avec convivialité et proximité. Deux concept pour le moment étrangers à Masterchef. Espérons qu’avec la réduction du nombre de candidats, les épisodes deviennent plus humains. Tout, trop grand, c’est le problème de l’émission, également bien trop longue : 3h30 de programme, c’est juste too much. Le télespectateur regarde rarement des films aussi longs, alors des émissions de télé réalité !

Et vous, que pensez-vous de Masterchef : séduits ou vous attendez au contraire le retour de Top Chef au printemps 2011 ?

-Masterchef, tous les jeudis sur TF1 à 20h50

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